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Les symptômes de la boulimie

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Aujourd’hui j’accueille Magali Le Roux du blog Sortir de la boulimie. Ancienne boulimique, elle aide les personnes boulimiques à s’en sortir. 

Dans cet article, je vais vous énoncer les principaux symptômes de la boulimie. Il en existe d’autres, mais nous évoquerons ici les plus communs.

 

Les crises de boulimie

 

Les crises de boulimie sont des périodes plus ou moins longues où la personne va ingurgiter une grande quantité de nourriture et va ensuite utiliser un moyen pour éliminer ou compenser la quantité de calories ingérées précédemment.

Ces crises peuvent durer de quelques minutes à plusieurs heures entre le moment où la personne commence à ingurgiter la nourriture jusqu’au moment où elle utilise le moyen d’élimination.

Ce sont ces crises avant tout qui font qu’une personne est boulimique, même s’il existe d’autres symptômes.

Elles sont divisées en 5 étapes :

  1- La compensation par la nourriture

Elle peut arriver après une période de stress, d’angoisse, de tristesse, de solitude, de culpabilité ou toute autre émotion insupportable par la personne boulimique. Celle-ci va alors commencer à manger pour compenser ce mal-être qu’elle a en elle. Parfois elle mange à une vitesse normale au début, parfois elle va tout de suite passer à l’étape suivante de la compulsion alimentaire.

Elle peut manger tout type d’aliment, mais en général elle va manger les aliments qu’elle s’interdit habituellement, donc plutôt des produits gras et/ou sucrés. De plus, ces types d’aliments sont généralement plus réconfortants avec leur goût très prononcé et auront plus tendance à calmer l’émotion désagréable que des fruits ou des légumes. Mais les aliments ainsi mangés dépendent des goûts de la personne boulimique.

  2- La compulsion alimentaire

Lors de cette étape, la personne boulimique va ingérer une grande quantité de nourriture. Cette quantité peut varier selon chaque personne et selon les crises. Il y a deux types de compulsions alimentaires.

Dans le premier, la quantité de nourriture ingérée peut atteindre plusieurs paquets de biscuits, un gros plat de pâtes en sauce, plusieurs tablettes de chocolat, plusieurs baguettes de pain avec du nutella ou de la confiture…  La personne va s’arrêter de manger dès qu’elle sent qu’elle ne peut plus rien avaler tellement elle a mal au ventre, comme si sont estomac allait exploser.

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Dans le deuxième type, la personne boulimique peut ne ressentir le besoin que de manger 1 ou 2 paquets de gâteaux, sans avoir l’impression d’avoir trop mangé. Elle va donc beaucoup moins manger que dans le premier cas, soit parce qu’elle ne ressent pas le besoin de manger plus et que cette quantité a suffi à combler sa compulsion alimentaire, soit parce qu’elle n’a plus rien à manger.

Mais dans tous les cas, c’est une quantité beaucoup plus grande que ce qu’elle mange lors de ces repas habituels, et toujours de façon compulsive, comme si quelqu’un prenait le contrôle de son cerveau à sa place. Cela est d’ailleurs très difficile à imaginer pour des personnes qui n’ont pas connu la boulimie.

Dans ce cas, les aliments sont les mêmes que pour la première étape, mais parfois la personne va s’autoriser à manger plus facilement des aliments interdits.

  3- Le dégoût et la culpabilité

Ensuite vient le sentiment de culpabilité. La personne boulimique, très attachée à son poids et à sa silhouette, ne supporte pas l’idée d’avoir avalé autant de nourriture et autant de calories. Inconsciemment, elle pense que tout ce qu’elle vient de manger va la faire grossir et elle culpabilise d’avoir mangé autant de calories.

Plus la personne cherche à maigrir et attache de l’importance à son corps et plus elle va essayer de faire attention à ce qu’elle mange en dehors des crises, plus elle va culpabiliser à l’idée que tous ses efforts ont été réduits à néant en l’espace de quelques minutes ou quelques heures.

De plus, elle ressent généralement du dégoût envers son corps et son ventre qui a pris du volume avec les aliments. Elle se dit souvent qu’elle se déteste physiquement à ce moment, mais aussi mentalement car elle n’a pas résisté à la tentation de manger.

  4- L’utilisation d’un moyen d’élimination

Ne supportant pas l’idée d’avoir ingurgité autant de calories en peu de temps, la personne boulimique va utiliser un moyen pour éliminer un maximum de calories et ainsi éviter la prise de poids.

Le moyen le plus utilisé est le vomissement. La personne va se faire vomir, le plus rapidement possible après avoir mangé. Certaines personnes éliminent les calories et la nourriture ingérées à l’aide de médicaments tels que les laxatifs, en faisant beaucoup de sport ou en sautant le ou les repas suivants la crise de boulimie. C’est d’ailleurs pour cela qu’on dit que certaines personnes alternent des périodes d’anorexie avec des périodes de boulimie.

L’élimination des calories avec ces différents moyens est toujours partielle, malgré ce que peut penser la personne boulimique. En effet, il est impossible d’éliminer la totalité de la nourriture, même avec les vomissements.

  5- Le dégoût, la culpabilité et d’autres émotions

Après avoir mangé autant de nourriture et avoir utilisé un moyen d’élimination (ou avant selon le moyen utilisé), la personne boulimique ressent à nouveau de la culpabilité d’avoir cédé à une crise de boulimie. Cela est d’autant plus vrai, que la personne, généralement après chaque crise, se promet de ne plus en refaire. Elle culpabilise donc à l’idée de ne pas avoir été assez forte pour résister.

Le dégoût de soi est également présent à ce moment parce qu’elle se déteste d’avoir à nouveau craqué, d’avoir mangé autant de nourriture et d’avoir ensuite vomi.

D’autres sensations désagréables peuvent suivre cette crise de boulimie. Elle se sent par exemple épuisée, n’a plus goût à rien, elle se sent seule face à ses difficultés, incapable de rien.

Elle peut parfois au contraire se sentir mieux car elle a éliminé toutes ses tensions intérieures, du moins pour un certain temps. Mais les émotions et sensations positives après la crise sont généralement moins fortes que les émotions négatives.

Ces 5 étapes sont quasi-systématiquement présentes lors d’une crise de boulimie. La compensation par la nourriture est souvent sautée et la personne est alors pris tout de suite de compulsions alimentaires. Les émotions telles que le dégoût et la culpabilité sont présents mais peuvent être légers selon si la personne accepte ou non ses crises de boulimie et accorde une importance pas si grande que ça à son corps.

Généralement, les crises ont lieu lorsque la personnes est seule, à l’abri des regards. La personne boulimique a honte de ces crises, elle préfère donc se cacher du regard de l’autre. Mais il arrive parfois qu’elle mange de grandes quantités devant d’autres personnes, voire même devant ses proches.

Leur fréquence varie entre 1 fois par semaine et plusieurs fois par jour. Cela dépend de l’état de mal-être de la personne. Il peut également arriver qu’une personne boulimique ne fasse plus de crise pendant quelques semaines ou quelques mois et rechute à nouveau.

 
 

Le rapport avec l’alimentation

 

Mise à part les crises, un deuxième symptôme est toujours présent chez la personne boulimique. Ces deux symptômes sont systématiquement liés. Il s’agit du rapport avec l’alimentation.

Bien souvent, une personne tombe dans la boulimie à la suite d’un régime ou d’une période d’anorexie. Son corps ne lui convient pas suffisamment, voire pas du tout. Elle cherche donc à perdre du poids et sa plus grande peur est de grossir.

Du coup, elle va suivre les conseils de régimes qu’elle va trouver dans les magazines, dans les livres, à la télévision ou sur internet. En plus, j’ai pas mal étudié le truc et il faut avouer qu’il y a de nombreux sites, dont je ne donnerai pas les noms ici, qui sont très doués en marketing et qui proposent monts et merveilles. Comme l’envie de perdre du poids touche de plus en plus de monde, certaines entreprises n’ont pas hésité à créer un vrai business autour de ça. Je ne dis pas qu’ils ont complètement tort dans leurs principes.

Pour certains régimes, je n’approuve pas du tout les principes mais pour d’autres, il y a certaines choses qui sont bonnes à prendre, notamment concernant l’indice glycémique ou encore le fait de manger à sa faim. Ces régimes vont peut-être marcher pour certaines personnes et pendant un temps, mais ils ont des effets plus dévastateurs qu’autre chose pour d’autres personnes. Et ces personnes sont généralement des personnes fragiles psychologiquement et qui finissent par tomber dans des troubles du comportement alimentaire comme la boulimie.

Durant toute la boulimie, la personne va donc essayer plusieurs régimes, va faire très attention à son alimentation. Ainsi, et comme le conseillent de nombreux régimes, elle va considérer que certains aliments font grossir et va se les interdire. C’est alors qu’elle va connaître de nombreuses frustrations. Ces frustrations, accompagnés par un profond mal-être, vont amener la personne boulimique à faire des crises.

Personnellement, j’ai réussi à manger plus librement les 4 dernières années de ma boulimie, mais je me suis rendue compte avec le recul que je n’avais pas encore supprimé des croyances sur certains aliments et j’attachais encore trop d’importance à mon corps. C’est qu’une fois que j’ai fait un vrai lâcher prise sur ce que je mangeais, que j’ai arrêté la moindre crise de boulimie, en parallèle avec un travail thérapeutique.

Ainsi, la personne boulimique va alterner contrôle de son alimentation et crises de boulimie tout au long de sa maladie. Même si elle a réussi à se détacher de l’importance de son poids et à manger plus librement, si elle est encore boulimique, c’est qu’au fond elle a encore un peu peur de prendre du poids et de manger certains aliments.

 

 

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A partir de quand est-on considéré comme boulimique ?

 

Il est parfois difficile pour la personne concerné de se dire qu’elle est boulimique. Généralement, lorsque qu’elle commence à tomber dans la boulimie, elle ne s’en rend pas bien compte et croit que se faire vomir une fois de temps en temps ne fait pas d’elle une personne boulimique. C’est encore plus difficile à cerner lorsqu’elle compense les crises par le sport ou en sautant des repas.

Parfois, elle n’a même jamais entendu parler de la boulimie, ce qui est encore plus difficile pour elle d’avoir conscience qu’elle est en train de tomber dans une spirale infernale.

De même, il est parfois difficile de faire la distinction avec l’anorexie et l’hyperphagie, dont les symptômes sont très proches.

Peut-être que c’est votre cas ou bien le cas d’une personne que vous connaissez. C’est pour cela que je vais vous donner les différents points qui font qu’on est boulimique ou non.

Tout d’abord, une personne boulimique fait toujours des crises de boulimie, en suivant les étapes énoncées ci-dessous. Si elle ressent les différentes étapes, c’est qu’elle est bien dans la boulimie. Après, ces crises peuvent n’arriver qu’occasionnellement, genre 1 fois par mois.

Certains professionnels vont dire qu’on est boulimique si on fait au moins 1 à 2 crises par semaine. Je ne suis pas vraiment d’accord avec eux parce que même une crise tous les 15 jours, ça reste une crise de boulimie qui suit le même cheminement.

Une personne boulimique qui n’est pas ou n’est plus boulimique est une personne qui ne fait jamais de crise ou alors évent